Lexique

Perspirance :

Capacité à réguler la vapeur d’eau sans altérer les propriétés des matériaux. Matériaux ou parois perméables à la vapeur d'eau pour éviter la condensation et maintenir un air sain dans la construction.

Valeur Sd :

Valeur caractérisant l’aptitude à résister à la diffusion de vapeur d’eau. Cette valeur Sd, exprimée en mètre, représente la résistance d’un matériau en le comparant à l’épaisseur équivalente d’une couche d’air.
Sd = μ x épaisseur :
Plus la valeur Sd est faible, plus le produit laisse passer de vapeur d’eau. Il est perméable à sa diffusion. Par exemple la valeur Sd préconisée pour l’utilisation de freins vapeur dans les avis techniques concernant la ouate de cellulose est de 18m.

Effusivité :

L'effusivité thermique indique la vitesse à laquelle la température de superficie d'un matériau varie.
Elle exprime aussi la capacité d’un matériau à absorber (ou restituer) de la chaleur.

L'effusivité est d'autant plus grande que la conductivité thermique du matériau est grande, mais l'effusivité thermique élevée peut concerner aussi un matériau peu conducteur de chaleur mais avec une chaleur spécifique élevée (c'est à dire nécessitant beaucoup de chaleur pour que sa température s'élève). Un mur ayant une forte effusivité (comme un mur en pierre ou en béton banché) aura tendance à rayonner froid et donc à être désagréable en hiver...

Inertie thermique :

L’inertie thermique est la capacité d’un matériau, d’un mur ou d’un bâtiment à stocker de la chaleur par effet de masse, elle est caractérisée par la capacité thermique.
L’utilisation de l’inertie thermique d’un mur ou d’un toit consiste à restituer la chaleur ou la fraîcheur stockée en décalage avec les variations thermiques extérieures.

Déphasage :

Il définit la capacité du matériau à freiner la durée du changement de température.
Il dépend de la capacité thermique de l’isolant. Par exemple, le déphasage de 25 cm de ‘ouate de cellulose est de 10 heures, alors qu’il n’est que de 2,5 heures pour la même épaisseur de laine de verre. Le coup de chaleur ressenti dans des combles habités 2h après le pic de température du milieu de journée, ne sera pas ressenti avec de la ouate puisque vers 22-24h la température extérieure a chuté avant que la chaleur ne se transmette à l’intérieur de la maison.

Condensation :

La vapeur d’eau contenue dans l’air d’une maison se déplace des zones les plus saturées vers les zones les plus sèches.

L’air chaud migrant à l’intérieur des parois entraîne la vapeur d’eau contenue en son sein. Au fur et à mesure de sa traversée vers l’extérieur il se refroidit. Si il y a de la vapeur d’eau excédentaire, elle va condenser dés le point de rosée atteint (rapport entre le surplus d’humidité et un point froid).

La condensation à l’intérieur des parois est la cause de dégradations dans la construction et d’affaiblissement de l’isolation.

Pour éviter la condensation interne dans une paroi constituée de plusieurs couches de matériaux, il faut que la perméabilité à la vapeur d’eau de ceux-ci augmente de l’intérieur vers l’extérieur. Il est donc préférable d’utiliser des matériaux perspirants, et il faut freiner le volume de vapeur d’eau coté intérieur du mur (avec un frein vapeur ayant une valeur SD adaptée à la situation) et au contraire ouvrir la perméabilité à l’extérieur. Une isolation par l’extérieur non perméante (comme le polystyrène) est donc à proscrire, il vaut mieux privilégier de la fibre de bois avec enduit ou bardage.

La ouate de cellulose :

La ouate de cellulose est un isolant thermique fabriqué à partir de papier journal recyclé, son origine est naturelle.

Issu du recyclage, ce produit est lui-même recyclable, il ne consomme pas d’eau pour sa transformation et est peu consommateur d’énergie pour sa fabrication, il est produit dorénavant en France dans des usines au plus proche du lieu d’emploi.

La ouate de cellulose ne pique pas et ne gratte pas. Elle ne contient pas de microfibres cassantes qui sont très irritantes pour la peau et les voies respiratoires...Elle n’est pas émettrice de composés organiques volatiles (COV) même sous l’action de la chaleur.

La ouate de cellulose contient du sel de bore répulsif contre les rongeurs et les termites, et antifongique.
La ouate de cellulose ne s’enflamme pas et ne propage pas les flammes (classement M1= difficilement inflammable). (Voir test en video sur le présent site).

La ouate de cellulose est perspirante et peut reprendre 15% de son poids en eau sans altérer ses performances acoustiques et thermiques. Elle est très stable dimensionnellement et quand elle est insufflée à la densité adaptée il n’y a pas de phénomène de tassement.

Elle peut être mise en œuvre :

  • Par soufflage : répandue sur le sol sur une surface ouverte, par exemple dans les combles, la densité est alors d’environ 35 kg/m3.
  • Par insufflation : remplissage d’un caisson constitué d’un frein vapeur coté intérieur et d’une paroi si possible respirante à l’extérieur (mur, plancher ou rampant de toiture). La densité à obtenir est environ de 35 (plancher) à 60kg/m3 (mur et rampant).
  • Par flocage : la ouate est projetée sur la paroi avec une faible quantité d’eau qui lui permet d’adhérer au support. Cela permet notamment de réaliser des cloisons accoustiques ou d’isoler des constructions en ossature bois. Densité nécessaire entre 45 kg/m3 et 60 kg/m3.

Laine de bois :

La laine de bois est un isolant fabriqué à partir de fibres de bois additionnées d’un liant. Suivant les fabricants, le liant peut être de la lignine (résine du bois) mais on trouve aussi des fibres de polyester ou polyuréthane, des fibres textiles et des fibres polyoléfines.

La laine de bois peut également recevoir des traitements complémentaires fongicides, insecticides ou ignifuges : sel de bore, ammonium polyphosphate.

La laine de bois est relativement souple (par rapport à la fibre de bois), sa masse volumique varie de 50 à 200kg/m3, et son lambda (coefficient de conductivité thermique) est autour de 0.038 W/m.K pour la plupart des laines sur le marché actuellement.

Comme tout isolant d’origine végétale, la laine de bois est un produit hygroscopique, qui peut reprendre une partie de l’humidité de l’air. Il perd alors un tout petit peu de ses capacités isolantes (son lambda est majoré de 0.005 à 0.008W/m.K)

Les panneaux doivent être conforme à la norme NF/ EN 13 171 et les rouleaux à la norme NF/ EN 13 168.

Fibre de bois :

La fibre de bois est un isolant fabriqué à partir de sous produit des scieries. Il n’y a pas de liant rajouté pour la plupart des fabricants, c’est la lignite contenue dans le bois qui permet d’agglomérer les fibres de bois lors du passage en étuve et en presse. La fibre de bois est donc un produit complètement naturel, sans colle, et qui ne dégage aucun COV (Composé Organo Volatil).

Très efficace pour l'isolation thermique (confort d’été comme d’hiver) les panneaux de fibres de bois sont aussi un très bon isolant phonique.
Offrant une bonne résistance au vieillissement, ces panneaux sont entièrement recyclables (compostage, recyclage, production thermique).

L’utilisation des panneaux peut se faire en isolation intérieur (doublage cloison…) comme en isolation par l’extérieur pour être ensuite bardée ou enduite (selon les types de fibres). Ce dernier système est très performant thermiquement et supprime ainsi tous les ponts thermiques.

Sel de bore :

Le sel de bore, dans le bâtiment, est utilisé depuis l’antiquité pour traiter les matériaux de construction (comme par exemple les charpentes de nos monuments historiques) pour plusieurs raisons, il est :

  • fongicide
  • répulsif d’insecte et de rongeur
  • retardateur à la propagation du feu

Depuis février 2011 la ouate de cellulose ne doit pas en contenir plus de 5 % pour être conforme à la réglementation.
La ouate de cellulose que nous utilisons n’en contient que 3%.

Ossature bois :

C’est un principe constructif utilisant des bois de structure pour réaliser le « squelette » d’un bâtiment. Il est composé de montants verticaux à entraxe régulier reliés par des pièces horizontales, les lisses hautes et basses. Son contreventement est assuré par un panneau, généralement à base de bois.

Le volume entre les montants doit être comblé avec un isolant adapté à cette structure et permettant d’éviter la condensation. L’intérieur est habillé d’un revêtement (plaque de plâtre, lambris…) et la finition extérieure est réalisée à l’aide d’un bardage ou d’un enduit.

L'ossature bois est le principe de construction le plus utilisé dans le monde.

En France la conception et la réalisation des constructions à ossature bois doit se faire conformément au DTU 31.2 et à l’eurocode5.

L’ossature bois permet de réaliser des maisons performantes thermiquement et de diminuer les délais de construction.

Le système le plus utilisé en France est le système MBOC qui nécessite un isolant complémentaire (à celui qui se trouve dans l’ossature) pour atteindre les performances BBC, RT 2012 ou Passif.

ANB utilise deux autre systèmes constructifs pour atteindre et dépasser ces niveaux de performances, DOREAN et Steico

DOREAN :

La poutre DOREAN, est une poutre treillis en bois. A la différence du système MBOC, l’ossature DOREAN ne représente que 10% du volume du mur, le reste étant de l’isolation en ouate de cellulose. La performance atteinte est alors très élevée ( R=10).

La performance énergétique atteinte permet d’utiliser l’ossature Doréan pour tout projet de BBC à positif.

Les poutres DOREAN allient la légèreté à la résistance mécanique tout en respectant l’environnement :

  • Excellente isolation écologique
  • Utilisation raisonnée du bois (2 fois moins de volume de bois que dans une ossature conventionnelle)
  • Respect des cibles HQE
  • Passage des gaines techniques à l’intérieur du volume isolé sans perforation de la membrane d’étanchéité à l’air
  • Grandes portées possibles qui libèrent l’espace intérieur

Steico joist

Le concept Steico est un système de poutres en I constituées d’une âme en panneaux de fibres de bois dur de 6 à 8 mm d’épaisseur, aboutés et collés avec joint en V sur deux membrures en bois résineux assemblé à dents de scie.

Les poutres sont disponibles de 200 à 400 mm, en fonction de la performance thermique recherchée et des portées à franchir.

L’affaiblissement thermique du à l’ossature est considérablement limité (6 ou 8mm) par rapport à une ossature conventionnelle (45mm) et ce système permet d’atteindre des performances qui vont de la RT 2012 au positif (R de 5.12 à 10.24).

BBC :

BBC, Bâtiment Basse Consommation énergétique est un label qui reprend les valeurs définies par le référentiel de l’association Effinergie.

Le niveau de performance exigé est une consommation d’énergie maximale (chauffage, rafraîchissement, ventilation, eau chaude sanitaire, auxiliaires de chauffage et éclairage) pour les habitations neuves fixée à 55 kW.h/m²/an en Bretagne.
Une étude thermique du projet et une mesure de perméabilité à l'air du bâtiment après réalisation doit être effectuée par un organisme agréé pour obtenir le Label. La plupart des dispositions du Label BBC sont reprises et deviendront obligatoires lors de l’application de la RT 2012 à partir du 1er janvier 2013 pour les habitations.

 

RT 2012 :

La Réglementation Thermique 2012 a pour but de diminuer les consommations d’énergie dans le bâtiment et de réglementer la performance des bâtiments neufs en étant plus exigeante que la RT 2005 actuellement en vigueur jusqu’à fin décembre 2012 pour les maisons individuelles. Pour cela, elle fixe plusieurs exigences :

  • Exigence sur l’efficacité énergétique minimale du bâti : «Biomax» ou le besoin bioclimatique maximum, qui consiste à mesurer les besoins bruts qui varient en fonction de la performance de l’isolation, de l’orientation du bâtiment, de sa forme, de la surface d’ouverture au sud…
  • Exigence de consommation maximale : Cmax
  • Exigence sur le confort d’été avec une température intérieure de confort (TIC) qui doit rester inférieure à un niveau de référence (TIC réf.)
  • Exigence de consommations maximales d’énergie primaire (objectif de valeur moyenne de 50 kWh/m²/an ou 55 en Bretagne.
  • Exigence de perméabilité à l’air qui devra être mesurée sur chaque réalisation.

Avec quelques variations, la réglementation RT2012 se rapproche des objectifs du label BBC.
Ce label n’aura plus de raison d’être lors de la mise en place de la nouvelle RT, et l’objectif à atteindre pour aller plus loin que le simple règlementaire sera le niveau Passif voire Positif.

Passif :

Le niveau de performance des bâtiments passifs permet de réduire à un strict minimum les besoins énergétiques des constructions, pour économiser l’énergie et limiter ses effets sur l’environnement, sans sacrifier le confort et la qualité de l’air intérieur.

Pour y parvenir sans gros surcoût ni débauche de technologie, il est primordial d’optimiser l’orientation et la conception de la construction pour lui permettre de profiter de apports solaires gratuits et limiter les surfaces déperditives. L’enveloppe de la maison doit être très bien isolée, étanche à l’air mais perméable à la vapeur d’eau pour éviter la condensation.

Les menuiseries et leur pose doivent faire l’objet d’un soin tout particulier pour éviter toute fuite.

Les 3 critères définissant un habitat de ce type ont été établis comme suit :

  • Besoins en chauffage inférieurs à 15 kWh/ m².an
  • Etanchéité à l'air : test de la porte (Blower door). n50 < 0,6 h-1
  • Consommation totale (électroménager inclus) d'énergie de la construction inférieure à 120 kWh/m².an d'énergie primaire

Du fait de la grande épaisseur d’isolation des parois (murs et toitures) et de l’étanchéité de celles-ci et des fenêtres le renouvellement de l’air par la ventilation prend une importance prépondérante pour le maintien de la qualité de l’air, sans consommer trop d’énergie pour ce faire.

Il faut noter qu’à ce niveau de performance, les utilisateurs peuvent avoir une grosse influence sur la consommation de par leur comportement (consommation d’eau chaude sanitaire, électroménager, appareils électriques en veille, …)

Positif :

Un bâtiment à énergie positive ( BEPOS) est un bâtiment qui produit plus d'énergie qu'il n'en consomme.
Pour atteindre ce but, il faut déjà concevoir un bâtiment au moins de niveau passif et s’attacher aux points suivants :

  • Exploiter les énergies renouvelables (bois, solaire, éolien,..), maîtriser les consommations pour les autres usages locaux, avoir un comportement éco-responsable.
  • Le lieu d’implantation de la construction est très important et doit permettre de limiter les déplacements et d’utiliser les moyens de transports doux.

Etanchéité à l’air :

La mesure de la perméabilité à l’air permet de quantifier et de localiser les fuites d’air parasites ce qui permet de limiter les consommations de chauffage, les risques d’inconforts et la formation de condensation ponctuelle.
Cette étanchéité est mesurée grâce à un test d’infiltrométrie à l’aide d’une porte soufflante (Blower Door), qui est obligatoire pour la labellisation BBC et le sera lors de l’application de la RT 2012. ANB est équipée du matériel pour réaliser ses propres tests et nos résultats nous conduisent à des performances de niveau passif ou à tout le moins supérieures aux exigences BBC.

ITE /Isolation Thermique par l’Extérieur

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) permet de traiter la majorité des ponts thermiques inévitables sur une construction en maçonnerie. A la différence de l’isolation par l’intérieur pratiquée dans la plupart des constructions en France, l’ITE permet d’avoir une continuité de l’isolation sur toute la surface du mur.

En rénovation l’ITE a l’immense avantage de pouvoir faire des travaux d’isolation sans dégrader l’intérieur de l’habitation et sans diminuer la surface habitable.

Deux grandes familles d’isolation par l’extérieur se côtoient : l’isolation enduite ou l’isolation sous bardage. Ce qui importe c’est la continuité de l’isolation et la mise en œuvre d’un bardage ne doit pas conduire à interrompre ponctuellement l’isolation.

Le risque de condensation inhérent à l’ajout d’un matériau d’isolation sur un mur existant doit également être pris en compte. En effet, le rajout d’un isolant à l’extérieur du mur ne doit pas conduire emprisonner l’humidité de la maison à l’intérieur de celle-ci (effet « Kway ou Tupperware ») et créer des problèmes de moisissures à l’intérieur ou de décollement de l’isolation sous la pression de la vapeur d’eau.

C’est pourquoi nous préconisons l’utilisation de matériaux perspirants, adaptés aux constructions traditionnelles anciennes comme aux contemporaines et qui laissent « respirer » la maison.

Bibliographie

  • Wikipédia
  • Ekopédia
  • Abibois
  • Doréan
  • Steico
  • La maison passive
  • Le moniteur
  • CSTB
  • Prebat.net
  • Centre développement durable.gouv